La grippe est une maladie très contagieuse, capable de se manifester sous forme d'épidémies mondiales. Elle se caractérise par un syndrome infectieux auquel se surajoute des symptômes locaux, variables, mais surtout des symptômes pulmonaires.

La grippe est un virus filtrant dont il existe plusieurs types connus : A, A', B, C. Mais il s'agit de virus particulièrement plastique, c'est-à-dire subissant des mutations qui modifient leurs caractères d'une épidémie à l'autre. C'est ainsi que l'agent causal de la dernière épidémie mondiale de 1957 est dû à un virus voisin de la souche A.

La contagion se fait par contact direct, par l'intermédiaire des sécrétions naso-pharyngées et des gouttelettes en suspension dans l'air porteuses du virus, depuis le début de l'incubation jusqu'à la convalescence. La contagiosité est extrême et ceci explique les épidémies massives dont la diffusion est d'une déconcertante rapidité, atteignant en peu de temps tout le Globe. La grippe de 1957, partie d'Hong-Kong (grippe asiatique), a gagné le monde entier en quatre mois.

Cependant, en dehors de ces épidémies massives, il existe un état endémo-épidémique hivernal habituel et aussi des cas isolés de grippe authentique vérifiés par la découverte du virus.

La grippe : une maladie contagieuse

Symptômes de la grippe


L'incubation est d'un à trois jours et le début est brutal. Une fois déclarée, la maladie se caractérise ; 

1. par un état infectieux, plus ou moins sévère, avec une température, aux environs de 40° et tachycardie. La température baisse parfois, au troisième ou quatrième jour pour reprendre ensuite. Sur la courbe thermique, cette dépression est désignée sous le nom de V grippal ;

2. par des algies : céphalées, rachialgie, myalgies et par une asthénie souvent très importante ;

3. par une inflammation des voies respiratoires : coryza, laryngite, trachéite, bronchite, qui tient souvent la première place dans le tableau clinique et se traduit par de la toux, des points de côté, une expectoration, des épistaxis ;

4. par des symptômes divers qui représentent souvent autant de formes cliniques ; c'est ainsi que l'on peut voir prédominer : des troubles digestifs, avec vomissements et diarrhée ; des troubles nerveux : céphalée violente, photophobie, qui peuvent faire penser à une méningite ; une prostration fébrile, rappelant la typhoïde.


Évolution de la grippe


La grippe évolue en général vers la guérison. Mais dans certaines épidémies elle peut être très grave et mortelle ; la mort est due à l'intensité des phénomènes infectieux (formes hypertoxiques avec syndrome malin), à la défaillance cardiaque et surtout à des complications dues à des surinfections microbiennes à virulence accrue du fait de la sidération des défenses organiques provoquées par le virus.
Ce sont :
   a) les congestions pulmonaires, et surtout les broncho-pneumonies, particulièrement fréquentes au cours des grandes épidémies et responsables de la majorité des décès ;
   b) les abcès du poumon et les pleurésies purulentes ;
   c) les complications rhino-pharyngées : sinusite, otite, mastoïdite ;
   d) les formes malignes entraînant la mort par une asphyxie progressive, liée à des foyers pneumoniques généralisés, à l'apoplexie pulmonaire (hémorragies), à l'œdème aigu grippal.


Diagnostic de grippe


Le diagnostic de grippe est facile en cas d'épidémie et difficile dans les cas sporadiques, car l'on risque toujours d'englober sous ce terme des rhumes saisonniers banals. Il existe en fait, tous les ans, en dehors de la grippe épidémique, des infections rhinos trachéo-bronchiques ou pulmonaires liés soit à l'exaltation momentanée de la virulence d'un germe banal, soit à un virus non grippal ; on leur donne souvent, à tort, le nom de grippe.


Pronostic de la grippe


Le pronostic de la grippe est variable suivant les épidémies. Celle de 1918 a été excessivement meurtrière, tuant plus de vingt-cinq millions de personnes.
La gravité ou la bénignité de la maladie est liée :
   a) à la virulence plus ou moins grande du virus causal ;
   b) aux infections pleuro-pulmonaires secondaires, créées par la flore polymicrobienne que l'on rencontre dans les sécrétions des grippés ;
   c) aux otites et aux sinusites de surinfection.

Des mesures s'imposent :
L'isolement du malade et plus particulièrement des cas compliqués de broncho-pneumonie ; instillations nasales et lavages fréquents de la bouche.
En cas d'épidémie, suppression si possible des rassemblements d'individus (réunions, conférences, spectacles etc), qui, étant donné la diffusibilité extrême du virus, ne peuvent que faciliter les contaminations massives.

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